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Quel est l’usage thérapeutique du cannabis ?

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ON dit tout et n’importe quoi sur le cannabis thérapeutique. En cause, l’image du “cannabis” qui renvoie dans l’opinion publique à la drogue, au stupéfiant. Et qui empêche tout discernement. La molécule psychoactive incriminée en l’occurrence est le Tétrahydrocannabinol. Communément appelé THC.

Pourtant, le cannabis n’est pas composé que de THC. Et il ne fait pas que se fumer ! Bien au contraire. Cela est fortement déconseillé dans le cadre du cannabis thérapeutique. Car pris sous cette forme, outre la nocivité de la combustion, une partie de ses précieuses propriétés partent en fumée. Il s’agit de l’administrer sous forme de gouttes en sublinguale. De gélules ou tisanes par voie orale. D’e-liquides à vaporiser ..

Il est temps d’arrêter de se focaliser sur la Marie-Jeanne ou Marijuana, herbe, beuh, chichon, haschich utilisés pour faire joint, pétard ou bédo .. Car nous nous privons d’avancées sérieuses sur le cannabis thérapeutique ainsi que sur le cannabis pharmaceutique, tant prometteuses.

Il n’y a pas que le THC dans le cannabis

Outre le THC, il y a un deuxième cannabinoïde majeur dans le plant de cannabis ou chanvre (termes désignant la même plante). C’est le CBD ou cannabidiol. Mais on trouve aussi les non moins importants cannabinoïdes secondaires et les terpènes.

Le CBD, contrairement au THC, ne provoque aucun effet psychotrope et a de nombreuses propriétés. Au même titre que les cannabinoïdes secondaires dont on en a identifié une centaine dans le plant de cannabis ( CBG, CBN, etc). Tous les cannabinoïdes ont leur importance. D’une part, parce qu’ils ont chacun des propriétés propres. D’autre part, parce qu’il se produit une interaction entre tous ces cannabinoïdes, majeurs et secondaires, qui rend leur action collective bien plus qualitative, efficace et puissante que s’ils agissaient seuls. Cela s’appelle “l’effet d’entourage”. Lequel effet d‘entourage est d’autant plus optimisé par les terpènes qui rejoignent cette dynamique synergique.

Les terpènes sont les molécules qui donnent à la plante son odeur tant reconnaissable. Alpha-pinène, pinène, myrcène, limonène, linalol, bêta-caryophyllène, etc. L’ensemble aromatique en fonction de sa composition forme un bouquet olfactif unique ainsi que thérapeutique. Molécules étudiées dans l’aromathérapie notamment.
En interagissant avec les cannabinoïdes, les terpènes apportent leurs propriétés et renforcent l’effet d’entourage.

Le CBD, ce “cannabis” au service du Bien-Être

Le CBD n’est donc pas psychotrope. Bien au contraire, il aurait tendance à rendre plus serein et lucide. Aussi, lorsqu’on parle de CBD, il s’agit de cannabis dans lequel le CBD est dominant, le THC mineur (sous forme de traces voire inexistant s’il en a été exclu), les autres composants (cannabinoïdes secondaires et terpènes) présents dans le cadre de la préservation de l’effet d’entourage. La configuration Full Spectrum (spectre total de la plante) intègre tous les composants du cannabis, THC y compris, fusse au taux de 0,2 %. Celle dite Broad Spectrum (spectre partiel) exclut totalement le THC.

Pour que le CBD soit exclusif, le CBD est extrait, seul. On l’appellera isolat. Dans ce cas, il sera dénué d’effet d’entourage et ses propriétés thérapeutiques seront réduites. Mais non inexistantes.

Pour que le CBD soit dominant dans une configuration naturelle (et non une re-composition a posteriori des différents composants), le plant de cannabis sera issu d’une variété créée (croisements) à cet escient. Pour qu’en finalité, lors de l’extraction, le produit ait préservé tout le spectre de la plante (full Spectrum) et contienne moins de 0,2 % de THC pour se conformer au taux autorisé par la législation européenne (pour les produits de Bien-être). On notera que, selon les pays, la directive européenne est appliquée à la lettre ou sujette à diverses interprétations. Plus ou moins souples. La France notamment est moins ouverte.

Un exemple de variétés de CBD est la Charlotte’s Web. Il s’agit d’une souche de cannabis à teneur élevée en cannabidiol (CBD) et à faible teneur en tétrahydrocannabinol (THC). Elle est produite par les frères Stanley au Colorado. La Charlotte’s Web tire son nom de Charlotte Figi, née en 2006 et lourdement handicapée par des crises d’épilepsie très fréquentes. Ses parents, meurtris par les souffrances de leur fille et démunis par l’absence de solutions pharmaceutiques prirent la responsabilité de lui administrer du CBD alors qu’elle n’avait que cinq ans. Les crises réduisirent massivement dès la première dose de CBD. Le cas de Charlotte semble avoir été en partie à l’origine d’un assouplissement des lois aux Etats-Unis du cannabis thérapeutique dit également cannabis à usage médical.

Bien qu’il soit nécessaire de poursuivre les études scientifiques pour démontrer les propriétés thérapeutiques du CBD dans certaines pathologies, on peut affirmer tout au moins que le CBD remplit ses promesses en matière de bien-être. Ce qui est loin d’être négligeable pour la santé, du fait de l’amélioration du quotidien et du caractère potentiellement préventif. Il agit contre le stress et l’anxiété, grandes “maladies” de notre temps. Or, on sait que le stress intense ou récurrent ne laissant pas la place à des moments « réparateurs » suffisants et efficaces est facteur de troubles physiques et psychiques. Troubles qui peuvent s’intensifier et en générer d’autres, parfois plus lourds encore.

Pour expliquer sommairement le mécanisme, le CBD vient soutenir le système en charge de l’équilibre de l’organisme (homéostasie) appelé système endocannabinoïde (ECS). Ce système réagit aux cannabinoïdes exogènes présents dans le cannabis grâce à des récepteurs dit récepteurs endocannabinoïdes. Et ce augmentant notamment le taux d’anandamide, un neurotransmetteur qui provoque la sensation de bien-être. Ananda vient du sanskrit signifiant “béatitude”. Découvert également en 1996 dans le .. chocolat !

Lorsque l’organisme subit trop de tensions, de pressions, de stress, de débordements émotionnels, l’ECS atteint en quelque sorte ses limites. Et n’arrive plus à gérer, réguler, s’adapter. Le système, dépassé, débordé, envoie alors des signaux d’alarme, de détresse. Les réponses peuvent être multiples. Du repos, du sommeil, des vacances, du sport, de la méditation, etc. Le CBD en est une autre. Sans écoute du corps, sans ménagement, sans soins, une crise s’installe. C’est dans ces moments-là très souvent qu’on mange mal. Trop de sucre, trop d’alcool, trop de produits industrialisés. On dort mal, on fume trop, on déprime, etc. Un cercle vicieux qui provoque potentiellement d’autres symptômes. Insomnies, inflammations, addictions, etc.

Le CBD peut dans ce sens agir en amont. Ou en aval pour soutenir le système endocannabinoïde en difficulté. Le CBD est également précieux dans le cadre du cannabis thérapeutique en synergie avec les cannabinoïdes secondaires et les terpènes. Ainsi que le THC à des taux dans certains ratios plus importants que ceux autorisés.

On trouvera du CBD isolé de tous les autres composants de la plante de chanvre sous forme de cristaux ou de produits fabriqués à partir de ce même isolat. Tels que certains e-liquides par exemple qui associent habituellement des arômes divers et inventifs pour un usage plus léger, récréatif et ludique.

Et puis il y a le CBD sous forme de fleurs séchées (pour vaporisation, tisanes, préparations culinaires) ou de produits conçus à partir de l’extrait naturel et de tout le spectre de la plante (huiles, gélules, e-liquides en full Spectrum). Le CBD en l’occurrence est de bien meilleure qualité car ses propriétés s’en trouvent renforcées grâce à l’effet d’entourage.

Aussi ce type de “cannabis” à dominante de CBD peut s’administrer en sublinguale (huile de CBD), en vapotage d’e-liquides de CBD, en ingestion de gélules, de tisane, de diverses préparations culinaires ou de vaporisation à partir de fleurs séchées. Le CBD se retrouve également en crème et baume pour des applications cutanées. Le CBD s’avère intéressant dans les cas d’acné ou d’eczéma. Car on trouve également des récepteurs endocannabinoïdes dans la peau.

Le cannabis thérapeutique

Pour comprendre ce qu’est le cannabis thérapeutique il est nécessaire de savoir ce qu’est le système endocannabinoïde (ECS) et comment il fonctionne.

Le système endocannabinoïde

Le terme “système cannabinoïde endogène” a été baptisé ainsi dans les années 60 par le Professeur Raphael Mechoulam, chercheur israélien qui l’a découvert au cours de recherches sur la plante de cannabis. L’ECS serait impliqué dans la préservation de la santé humaine et de certains animaux depuis 600 millions d’années.

Ce système régule l’organisme et lui permet de s’adapter constamment aux ballottements internes (hormones, émotions, terrain génétique, besoins vitaux, etc) et externes (climat, mauvaise alimentation, pressions privées et professionnelles, etc). Aussi, il actionne tous les leviers à sa disposition (rythme cardiaque, gestion de la glycémie, température du corps, glycémie, etc.) qui lui permettent de répondre à son objectif: l’homéostasie (l’équilibre).

Ce système de communication est constitué des récepteurs endocannabinoïdes CB1 et CB2 et de leurs ligands naturels, “les endocannabinoïdes”. Le premier endocannabinoïde à avoir été identifié est l’anandamide ou N-arachidonoyl-éthanolamine (A.E.A.). C’est le plus important mais on en connaît désormais cinq autres : l’éther de noladine, la virodhamine, le N-arachidonyldopamine, le H.E.A. et la NADE.

Le CB1 et le CB2

A ce jour, ce sont les deux récepteurs cannabinoïdes connus : le CB1 découvert en 1990 et le CB2, en 1993. Il semblerait qu’il y en est d’autres mais les découvertes trop récentes doivent encore être confirmées. Un 3ème récepteur serait néanmoins en cours d’identification.

Les récepteurs CB1 sont majoritairement présents dans le système nerveux central et périphérique. Mais également dans de nombreux autres organes et tissus, dont les cellules musculaires striées, les leucocytes et les cellules endothéliales (rate, thymus et ganglions lymphatique), les adipocytes, les poumons, le cœur, l’appareil gastro-intestinal (intestin grêle et gros intestin, estomac, pancréas, foie), l’appareil urinaire (reins et vessie), les organes reproducteurs, les os, les articulations, la peau, les glandes surrénales, le corps ciliaire et la cornée.

Les récepteurs CB2 prédominent dans les tissus immunitaires : leucocytes, mastocytes, ganglions lymphatique, amygdales, rate, thymus.

Fonctions du système endocannabinoïde

Le système endocannabinoïde participe à la régulation d’un nombre très vaste de processus physiologiques et physiopathologiques, dont :

  • le développement neural,
  • la fonction cardiovasculaire,
  • l’immunité,
  • l’inflammation,
  • l’appétit et la digestion
  • le métabolisme et l’homéostasie énergétique,
  • le développement et la densité osseuse,
  • la plasticité synaptique et l’apprentissage,
  • la perception des informations sensorielles,
  • la reproduction,
  • le comportement psychomoteur,
  • les troubles psychiatriques,
  • la mémoire, les cycles de veille et de sommeil,
  • ainsi que la régulation du stress et de l’état émotionnel.

Le système endocannabinoïde assure une communication globale et une coordination cellulaire. Il régule, s’adapte. Et réagit aux situations pathologiques, notamment en augmentant la production d’endocannabinoïdes pour compenser des déséquilibres, pour détruire des tissus malades ou gérer la douleur et l’inflammation.

Un bon fonctionnement du système endocannabinoïde est essentiel pour préserver la santé. A contrario, le système débordé conduit à des déséquilibres se traduisant par de nombreux symptômes voires pathologies. Grâce aux leviers qu’il peut actionner à tous les niveaux, système immunitaire, système nerveux et tous les organes du corps, il harmonise physique et psychisme. Mens sana in corpore sano.

L’importance du ratio THC : CBD

Un traitement à base de THC sera bien plus efficace s’il contient du CBD. Et mieux toléré car le CBD réduit la psycho-activité du THC. De la même manière, le CBD a besoin du spectre complet de la plante, THC y compris, serait-ce à un taux minime, pour agir de manière efficace sur le stress et l’anxiété notamment. Mais sur certains symptômes et pathologies lourdes, le cannabis thérapeutique nécessitera une présence plus importante de THC par rapport au CBD.

Les deux cannabinoïdes majeurs du cannabis, CBD et THC, sont complémentaires. Et doivent être en contact avec les cannabinoïdes secondaires et les terpènes pour reproduire le fameux effet d’entourage.

Grâce à quelques études en la matière et l’expérience d’associations comme UFCMed réunissant des malades ayant bravé les interdits pendant des années en désespoir de cause, des ratios CBD:THC pertinents ont été identifiés pour certains symptômes, besoins et pathologies. Mais des études complémentaires s’avèrent essentielles pour affiner, définir, préciser des protocoles thérapeutiques. Nous n’en sommes qu’aux prémisses.

Les nombreux champs d’action du cannabis thérapeutique

Dans les pays où le cannabis thérapeutique est autorisé, il est utilisé pour soigner ou soulager de nombreux troubles, maladies et pathologies :

  • stress, anxiété, dépression,
  • insomnie,
  • nausées et vomissements,
  • douleurs,
  • glaucome,
  • fibromyalgie,
  • diarrhées,
  • épilepsie,
  • asthme,
  • dépendance et états de manque,
  • maladies auto-immunes,
  • maladies inflammatoires,
  • maladie de Crohn,
  • cancer,
  • etc.

Ainsi que pour améliorer certains traitements comme la chimiothérapie et en réduire certains effets secondaires. Néanmoins il est nécessaire de poursuivre les recherches. Tant reste encore à découvrir dans ce domaine plus que prometteur.

Les bases générales de légifération du cannabis thérapeutique

La législation sur le cannabis médical porte en gros sur trois points :

  • les conditions d’accès au cannabis médical ou cannabis thérapeutique,
  • sa distribution,
  • sa culture et sa production à des fins médicales.

Généralement, les patients sont éligibles sur la base de critères relatifs aux conditions médicales et à des symptômes plus ou moins lourds. Tels que le cancer, la sclérose en plaques, le Sida / VIH. Certains pays définissent un protocole encadré par les ministères de la Santé. D’autres ont simplement légalisé l’usage médical, s’en remettant à la simple délivrance d’un certificat par un médecin.

Le cannabis pharmaceutique et l’ANSM

Début 2019, une trentaine de pays dans le monde, dont de nombreux états américains et le Canada, certains pays de l’Union européenne, la Suisse, la Norvège, Israël et la Turquie autorisent le cannabis thérapeutique.

Les médicaments au cannabis existent avec des ratios différents en fonction de la législation du pays où il est autorisé: Bedrocan (18 % THC), Bediol (6 % THC + 7,5 % CBD), Bedrobinol (12 % THC) Bedica (14 % de THC environ et moins de 1 % de CBD), Marinol (dronabinol : THC de synthèse). Le Sativex, prescrit notamment pour le traitement des douleurs associées à la sclérose en plaques est autorisé au Canada depuis 2005, en Allemagne depuis 2010, en France depuis 2014, en Belgique depuis 2017.

En France est lancée actuellement par l’Agence Nationale pour la Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) une phase d’expérimentation du cannabis à visée médicale. “Afin de proposer les modalités de la phase expérimentale de mise à disposition du cannabis à visée thérapeutique (“médicale” serait plus appropriée) : types de médicaments, modes d’administration, type de prescripteurs, définition du circuit de distribution et de dispensation, et modalités de suivi des patients traités. L’objectif principal de cette phase expérimentale est d’évaluer, en situation réelle, le circuit de prescription et délivrance ainsi que l’adhésion des professionnels de santé et des patients à ces conditions. Son objectif secondaire est de recueillir des premières données françaises d’efficacité et de sécurité. Les éléments les plus importants de ce cadre visent à sécuriser au mieux la prescription et le suivi des patients”

Il y a plusieurs types de cannabis !

Quand on parle de légalisation, il faudrait bannir ce mot-valise de cannabis qui génère de la confusion et biaise les débats. Aussi, convient-il de distinguer :

La marijuana et tous les termes associés à ce que certains nomment “cannabis récréatif”. Ce qui minimise cependant le caractère stupéfiant. Le THC (Tétrahydrocannabinol) y est majoritaire. D’autant plus depuis ces dernières années qui ont vu arriver de « l’herbe » issue de croisements à fort taux de THC. Déséquilibrant ainsi le ratio avec le CBD. Pour mémoire le CBD atténue les effets psychotropes du THC.

Il oeuvre dans le champ du bien-être et de l’anti-stress. On le préfèrera dans un spectre complet (Full Spectrum) de la plante, THC y compris au taux légal de moins de 0,2 %. Ou en Broad Spectrum (spectre partiel sans THC)

Qui comprend CBD et THC à des ratios divers en fonction des symptômes et des pathologies auxquelles ils sont destinés. « Entourés » par les cannabinoïdes secondaires et les terpènes, précieux pour leurs propriétés propres et l’effet d’entourage.

Il comprend les médicaments à base de cannabis naturel ou synthétique issus de l’industrie pharmaceutique.

En nommant les choses précisément commence le discernement. Une base essentielle pour que les législateurs légifèrent de manière éclairée dans l’intérêt de tous les Français et des malades en premier lieu.

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